Les quatre ans “ferme” qui interpellent

Il s’appelle René Marratier.

Il était le maire de la Faute sur Mer au moment de la tempête Xynthia  qui, en 2010 a fait 29 morts dans sa commune.

Il vient de se voir condamner à 4 ans de prison ferme. C’est une sanction lourde. Peut être sans équivalent pour un élu.

Effondré, René Marratier fait appel de cette décision. Et il déclare dans une interview au JDD : « J’aurais mieux fait de ne jamais être maire ».

Il est, sans doute, évident, que les dysfonctionnements ont du être nombreux et que le maire doit y avoir une part de responsabilité. Mais une part. Certainement pas l’intégralité.

Et, néanmoins, cette décision de justice donne le sentiment d’un châtiment exemplaire sur le seul élu et l’une de ses adjointes. Loin de moi l’idée de contester une sanction pénale. Mais, comme dans chaque catastrophe, c’est un enchainement d’évènements et de responsabilités mal exercées qui aboutit à l’ampleur du désastre. Et, comme l’on peut redouter, avec le changement climatique, que nous allions vers une banalisation de ces évènements naturels très puissants, je pense qu’il faut s’interroger sur les nouveaux moyens de prévention à mettre en œuvre et sur l’échelle des responsabilités à définir.

Sinon René Marratier aura raison lorsqu’il conclut : « Ce jugement risque de décourager beaucoup d’élus. Ils vont se dire : mieux vaut ne pas servir l’intérêt général et rester tranquillement chez soi ».

Ça ne peut pas être un argument de défense mais cela doit nous faire réfléchir

 

notre photo : Tempête Xynthia- meretmarine.com