OUBLIONS UN INSTANT LES BRITANNIQUES.

Je considère, bien sûr, que les Britanniques ont eu tort de vouloir sortir de l’Europe.

Ils l’ont décidé, selon une vieille formule un peu vidée de son sens : « le peuple a tranché »..

Le mieux est de ne pas y revenir. Et, sans esprit de revanche, acter dès que possible, sans hâte mais sans négligence non plus, leur sortie. Quand des partenaires ne veulent plus jouer la partition en commun, c’est l’ensemble de l’interprétation qui en souffre. Donc, exit les anglais et, avec eux, ceux du Royaume Uni qui veulent les suivre.

Mais, désormais, là n’est plus l’essentiel. Nos gouvernants doivent prendre conscience qu’au-delà du phénomène anglais, ce qui est en cause c’est le désamour dont l’Europe souffre auprès des siens, les Européens. Lesquels ne supportent plus de devoir s’imaginer un continent politique et économique fort,  à travers la jungle des rapports, des directives, des jurisprudences, des sanctions mêmes qui font la vitrine de la politique européenne.

J’ai bien conscience, en disant cela, que l’Europe n’est pas la cause de tous les maux de notre société du XXI° siècle.  Mais, face à l’émergence de défis complètement nouveaux : l’immigration massive, l’angoisse identitaire culturelle et spirituelle, le chômage endémique, l’Europe des 28 telle qu’elle fonctionnait jusqu’à présent n’apparaissait plus comme un rempart contre les périls de ce siècle .

Je crois même que cela va au-delà : l’Europe inquiète plus qu’elle ne rassure.

Et, de fait, ne nous étonnons pas que les peuples se retournent vers une valeur plus sûre, à leurs yeux, plus tangible : la Nation avec, hélas, le grand retour des populismes de tous poils.

L’Europe va avoir besoin de plus de clarté dans son fonctionnement, elle va avoir besoin:

de plus démocratie,

de mieux respecter les identités,

elle doit revoir sa gouvernance et peut être même jusqu’à sa philosophie .Il faut chasser de nos esprits un simple « replâtrage », il ne servirait à rien sauf à énerver davantage les oppositions à l’idée européenne et se révélerait inefficace.  Que le Brexit serve au moins à cela .

A nous pousser à une révolution des institutions européennes.

A ressouder des peuples qui « osent encore l’Europe » avec le rêve revisité d’en faire une vraie communauté de culture et de destin.