Une immense attente.

Qu’allons nous faire de la marche universelle de dimanche ?

Je veux dire, quelles doivent en être les retombées ?

Comment traduire dans les faits cette volonté d’une société plus fraternelle, totalement éloignée des idéaux de haine prônés par ces faux prêcheurs du XXI° siècle ?

Une Nation s’est dressée dimanche, au-delà sans doute de ce qu’elle-même pouvait espérer réaliser. Mais parce qu’il y a eu un immense succès, il y a une immense attente. Et si, comme je le crois, la réponse n’est que politique, alors les politiques doivent être à la hauteur.

Cet esprit de concorde nationale qui a soufflé ce week end  doit se traduire par une action de cohésion nationale. Qui ne devra pas écarter, ou éviter, les sujets qui « fâchent » :

les « provocations » à caractère religieux, ennemies de la laïcité ;

l’échec de l’intégration, notamment en monde scolaire ;

le rôle de la famille, quelle que soit la confession de cette famille.

Lorsqu’on observe le profil de ces « terroristes », on constate, effarés, qu’il s’agit de petits délinquants ordinaires qui ont basculé dans un radicalisme religieux, seul capable à leurs yeux, de leur offrir un sentiment de noire utilité. Et si dans un premier temps, il nous faut songer à mieux assurer notre sécurité, il nous faudra aussi soigner les maux d’une société qui rêve, en fait, on le voit depuis mercredi, de vivre en harmonie.

Avouons le, nous avons de multiples fois, été émus au cours de ces journées tragiques, par des faits, des témoignages, des visages bouleversants ou bouleversés. Avouons le, le fait que le monde entier vienne se joindre à la France pour porter les symboles qui font notre Nation : le temps des Lumières, l’esprit de la Révolution, la Déclaration des Droits de l’Homme, un certain art de vivre qui laisse place à la dérision, à l’humour et aussi à la Pensée, et puis l’esprit de Liberté, oui le fait que le monde vienne nous dire : vous n’êtes pas seuls, nous a réconfortés.

Dans cette terrible adversité, la France a été à la hauteur. Il faut qu’elle le reste. Il va falloir tirer partie des différences au sein de la classe politique pour construire un nouveau projet de société, quelque chose de neuf qui ressemble aux rues des villes de France ce dimanche 11 janvier.

Et ce ne sera pas facile car la France de dimanche, c’était celle de Voltaire et de Rousseau, c’était celle de Cabu et de Camus, c’était celle des églises, des temples, des synagogues et des mosquées.

C’était la France, capable de se dresser comme elle ne l’avait plus fait depuis l’explosion de joie de la Libération.

Vous le voyez bien, Libération, Liberté, encore et toujours.