C’est de l’endogamie, ce remaniement.

Ce remaniement, c’est « un pataquès », me dit un ami « pied noir » pendant qu’un autre cherche le juste mot :  « c’est pas un remaniement, c’est un reniement ». Ou encore « ça ressemble aux chaises musicales mais il n’y a jamais personne qui sort ».                                        

Bon …..au Café du Commerce, le ton est donné !

Le « choc psychologique » voulu par François Hollande en plaçant Manuel Valls à Matignon me parait faire flop.

Faut dire : deux nouveaux seulement. Et lorsque je dis nouveau, si je songe à Ségolène Royal, c’est plutôt le retour que l’avènement. Quant à François Rebsanem, on en parle depuis si longtemps, qu’on le croyait déjà là.

Bref, Gouvernement resserré ou plutôt Gouvernement étriqué ?     

Qu’est ce qui nous donne ce sentiment ? Sans doute le fait que ce Gouvernement, s’il nous est présenté par Manuel Valls est, en réalité, une compilation des amis et des proches de François Hollande, jusqu’à y placer une ancienne épouse. Ce n’est plus un remaniement, c’est de l’endogamie, dont vous vous souvenez que c’est le fait de se marier à l’intérieur de son groupe tribal.

Dans la galaxie des ambitions, Manuel Valls a déjà réalisé, c’est vrai, un très beau parcours. Mais est ce suffisant pour savoir passer du registre du « je réussis en solo » à celui de « je suis chef d’équipe » ?  Surtout que, dans l’équipe -ou la tribu- en question, quelques membres n’adhèrent pas forcément à son fan club : Christiane Taubira, Benoit Hamon notamment, qui  ont, par le passé récent, témoigné des « sentiments contradictoires » à l’égard du nouveau Premier Ministre.

A un moment crucial pour la France qui traverse une vraie crise de régime, fallait il se contenter de cette opération  conduite rapidement par le Président Hollande pour donner le sentiment qu’elle répondait  à une situation exceptionnellement tendue ? Fallait-il ignorer la –probable- richesse de nouveaux parlementaires socialistes qui auraient donné un peu d’oxygène à ce Gouvernement ? On peut me rétorquer que c’est de la responsabilité du Président de la République et de lui seul. C’est exact et c’est d’ailleurs pourquoi l’opposition se tourne vers lui au lendemain de la débâcle de la gauche aux municipales.

Pour nous, Manuel Valls ou un autre, nous devons l’accepter. Mais celui qui doit choisir, impulser, défendre, c’est le Président. Il doit être – dans le cas précis, il « devrait » être ! – le chef. Car lui, il a été élu.

Mais, lorsqu’il parle dans un moment grave pour le pays, cela ne dure pas plus de sept minutes.

Est-ce suffisant pour convaincre, emporter l’adhésion, rendre l’espoir lequel a semblé faire tant défaut aux 40% d’abstentionnistes aux  élections locales ?                           

Je vous laisse répondre.

Mais, sans vouloir vous influencer, moi je redoute que la solution ne soit pas à la hauteur du problème de la France.