Il n’a pas du être déçu, Eschyle, cette semaine

Cette dernière semaine de Mai 2014 restera comme un désastre dans la vie de l’UMP : des élections européennes perdues ; en amont, des semaines de rumeurs, d’assertions puis de certitudes décevantes ; enfin l’émouvante mais accablante confession télévisée du directeur de cabinet du président de notre mouvement suivie, le lendemain, de la « démission-réprobation » de celui-ci.

Tout a concouru à offrir un spectacle affligeant à des françaises et des français en droit de se poser une question : où vont ils tous ?
Il y avait tous les ingrédients d’une scène à la Eschyle, l’un des trois grands, avec Sophocle et Euripide, de la tragédie grecque.

Jacqueline de Romilly avait écrit qu’Eschyle « aimait montrer ». Cela, parce qu’il privilégiait le spectacle des évènements.

Eh bien il n’a pas du être déçu, Eschyle, la semaine dernière….

Car, désormais, avec les chaines d’info en continu, le spectacle des évènements est « en direct » permanent. La tragédie, c’est « ici et maintenant ».

D’autant que, dans un Bureau Politique d’une quarantaine de personnes, quand l’une dit : « Jean François, on ne te croit plus », et l’autre lance « barre toi », vous êtes au courant tout de suite.

On  « tweete » tout….en direct…. sans filtre.

 Bien entendu, je ne dis pas que les médias sont responsables de ce qu’il arrive à l’UMP. Je dis que la caisse de résonance qu’ils représentent bouleverse l’actualité et participe à la dramatiser.
Mais le cœur du sujet, bien sûr, pour vous qui avez assisté, sans doute sidérés, à la sortie de scène de Jean François Copé, c’est de vous interroger, légitimement, sur l’avenir de notre formation. Et au-delà même de notre formation, sur ce qu’il peut advenir de la France, avec une opposition dans la difficulté et une fragile majorité conduite par un Président que, seulement 3% de français souhaitent voir conduire leur destin.

A la crise économique s’ajoute désormais une véritable crise de régime, si profonde que l’on se prend à s’interroger sur la possibilité pour François Hollande de « tenir » 3 ans.
Eh bien, il reste une voie pour reprendre les choses en mains, rendre espérance, redonner de la crédibilité à la chose politique : faire preuve de courage, dire les choses et puis parler des vrais sujets de la société française, cesser « d’habiller » l’agenda politique de « faux sujets », mais parler et traiter des vrais.

De ceux qui font le quotidien de nos compatriotes.

La lutte contre le chômage, bien sûr,

mais aussi la montée de l’immigration qui revient comme une obsession ;

rompre le décalage entre le discours politique et la réalité quotidienne ;

moderniser le fonctionnement de l’ État;

aller vers une meilleure organisation des échelons locaux, départementaux, régionaux, nationaux.

Mais en réformant dans l’ordre, pas comme le socialistes se sont essayés à le faire !

Et puis les jeunes… que leur offre t-on ?

Comment les garder dans leur pays qu’ils aiment au fond d’eux-mêmes, mais dont ils ne voient plus les chances qu’il devrait leur offrir. ?
Il y a un vrai grand chantier.

De ceux qui ont besoin d’hommes et de femmes d’exception pour les conduire.

Les trouver et les désigner, ce sera la première marche de la reconquête.