Il y a des moments inéluctables.

Non, ce n’est pas un séisme, comme l’ont dit certains, dès dimanche soir.

Un séisme, c’est à peu près le seul risque naturel que l’on ne voit pas survenir.

Or, le désastre des européennes, nous avons pressenti qu’il allait arriver.

Il y avait des signes avant coureurs :

la promesse d’une abstention forte,

Un Parti majoritaire désavoué quelques semaines auparavant par les élections municipales,

Une UMP en proie à des difficultés.

Et, nous le savions bien, une défiance à l’égard de l’Europe, du moins à l’Europe telle qu’elle fonctionne actuellement.

Bref, tous les ingrédients étaient réunis. Et nous le savions.

Alors, tous coupables d’avoir laissé faire ? Non, bien sûr, il y a dans la vie politique des instants de vie inéluctables. Celui-ci en est un. A un moment la colère profonde – et souvent silencieuse – du peuple, dans le sens le plus large du terme, doit s’exprimer. C’est fait. Et nous n’y pouvions pas grand-chose.

En revanche, nous serions coupables de ne pas entendre cette alerte. Le Parti Socialiste semble vouloir se figer dans sa posture de « redresseur des erreurs passées » en poursuivant une course folle entre recherche d’économies, allègements puis redressements de fiscalité, réformes multiples illisibles pour la plupart d’entre nous

Face à cela, nous devons à l’UMP, tout d’abord, être exemplaires. Dans les affaires du Parti comme dans celles des responsabilités qui sont les nôtres individuellement et collectivement. Et puis, nous devons « régénérer » notre discours, nos propositions, ne pas nous laisser enfermer dans des stéréotypes qui n’ont plus cours.

Lorsqu’on dialogue avec nos jeunes, on réalise mieux le fossé qui peut exister entre les propositions élaborées dans le secret de nos réunions et les défis que ces jeunes pressentent et pour lesquels ils ne comptent plus sur nous, pour les aider à les affronter. Du moins c’est ce qu’ils pensent..

L’observateur étranger à nos débats en serait fasciné ! Avant de vouloir réconcilier les français avec l’Europe, il faut les réconcilier avec leur classe politique. C’est du moins ainsi que j’intègre de la leçon du 25 Mai. La percée du FN n’a rien d’inéluctable.

Tout autant que nous acceptions de retourner à l’école de la vie. Fort de mon mandat volontairement unique, je peux m’employer à cela. Mais pas seul, bien sûr.

J’ai besoin de l’appui d’un parti certes, « décomplexé » mais surtout en « phase » avec la société. Et puis, à mon niveau, j’ai besoin de chacune et chacun de vous qui avez envie de progrès social, d’égalité de traitement dans les affaires publiques, et de liberté dans votre vie privée.

Et puis, peut être aussi, d’une Europe qui retrouve les chemins de la démocratie, telle que les pères fondateurs d’une Communauté Européenne fraternelle l’avaient dessinée,  sur leurs cartons à tisser..

Le chantier s’est ouvert le 25 Mai 2014,  au soir.