Le piège a éviter.

Loin de moi l’idée de polémiquer avec le Gouvernement sur les questions de lutte contre le terrorisme.

En cette période si difficile, meurtre en Isère, attentat de masse en Tunisie et au Koweït, point n’est besoin « d’en rajouter ». Néanmoins, et je le dis avec d’autant plus de force que j’ai voté toutes les lois destinées à lutter contre ce fléau, force nous est de constater que le Gouvernement a tendance à réagir dans l’émotionnel, dans l’immédiat suivant une attaque et que sitôt la vague retombée, on semble s’enliser dans l’annonce et dans l’attente.
Attention à cela , l’annonce non suivie d’effet nous fait perdre de la crédibilité. Or, c’est dans le domaine de la détection des individus qui peuvent représenter une menace réelle que nous avons pris du retard.

Exactement là ou nous avons besoin d’être crédibles !

En un an et demi, le nombre de français engagés dans une filière djihadistes a triplé, passant de 600 à 1.800.

Alors, certes, nous venons de voter une loi pour renforcer les moyens des services de renseignement et c’était utile, même si d’après certains, elle pourrait faire peser une menace sur les libertés particulières. Mais nous ne devons plus perdre de temps. Le Premier Ministre lui-même le dit : « Nous aurons d’autres tentatives d’attentat ». Certains experts ajoutent : « et ce sera pire ». Il nous faut être réactif et il nous faut mieux choisir nos amis à l’international.

Nos amis doivent être ceux qui combattent Daesh et non pas ceux qui en sont les complices, déguisés ou pas.
Et puis, en politique intérieure, il nous faut être intransigeant sur la laïcité.

Accepter des compromis, c’est céder du terrain et c’est démoraliser celles et ceux qui croient en la République. La France est l’un des pays au monde qui accueille la plus grande communauté musulmane et possède la plus forte armée d’Europe.

Susciter de la haine à l’égard des musulmans et faire sur réagir l’armée, voilà le but de Daesh. Et voilà le piège à éviter.
Nous redécouvrons en ce premier quart de XXI° siècle la prégnance des questions religieuses et le danger qu’il y aurait à laisser faire les extrémistes de tous bords. C’est un chantier de société considérable.

Mais ne nous y trompons pas, il y en va du devenir de notre société, de notre mode de civilisation, de notre capacité à vivre ensemble et à vivre en liberté.