Le réel et l’idéal…

Nicolas Sarkozy a certainement dû anticiper son retour en politique par rapport a ses prévisions.

Je ne pense pas que la présidence de l’UMP ait été d’emblée dans ses visées.

Mais l’effondrement du Président de la République dans les sondages, l’emballement des mauvaises nouvelles autour du Gouvernement, et, de notre côté, le sentiment de « patiner » sur place,  éprouvé par nombre de cadres et de militants UMP ont précipité les évènements. Je ne suis pas persuadé que ce soit une bonne chose car, du coup, le combat des présidentielles débute…36 mois avant l’échéance. Mais le temps politique est un temps particulier. Il doit s’adapter aux évènements. Nous voici donc « dans le bain » plus rapidement que nous ne le pensions.
L’image qu’a voulu donner de lui l’ancien Président de la République, dimanche soir, dans un grand oral télévisé, est celle d’un homme apaisé, rassembleur de son propre camp, d’abord, d’un pays désenchanté ensuite.

Reconnaissant des erreurs passées, il s’est voulu animé beaucoup plus par des ambitions collectives, que personnelles.

Il s’est, certes, défendu de vouloir incarner « l’homme providentiel », sorte de mythologie de la droite française mais a, quand même, indiqué « qu’il n’avait pas le choix », façon de dire qu’il était le seul à pouvoir réussir.
Au lendemain de cette « profession de foi en direct » les sentiments sont partagés. « Il n’a pas changé », disent certains, quand d’autres affirment « il est plus mesuré, et lui au moins a une personnalité ».

Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que les autres prétendants, tant à la présidence de l’UMP qu’à la présidence de la République ne s’en laissent plus conter. Candidats ils sont, candidats ils veulent rester, même si les oracles prédisent un raz de marée. La droite est elle, pour autant, éclatée comme l’affirment un peu rapidement certains observateurs ?

Il me semble que le pire de nos divisions est dans notre rétroviseur. Bien sûr, il va y avoir concurrence. Mais j’en attends une clarification. Pas une nouvelle guerre de « religions de clans ».
Peut être la démonstration de Nicolas Sarkozy, faite au nom de « sa famille politique », aura-t-elle eu une seule vertu, celle de témoigner de ce que,  pour faire de la politique, où que l’on se situe, il faut du courage, donnant aussi, au passage, raison à cette belle apostrophe « Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ».

Car il me parait difficile d’être représentant du Peuple, sans idéal. Mais tout aussi difficile de réussir à le comprendre sans connaitre ses réalités.

L’ UMP de demain, quelle que soit sa forme aura un devoir : être proche du réel de nos compatriotes, un réel bien éloigné des querelles de « chapelles » qui ont trop longtemps faits les délices de notre vie publique.

Une page se tourne.
Christian KERT