NOUS ENTRONS EN RÉSISTANCE

Le mot fait peur. Mais nous sommes entrés dans une phase de guerre intérieure.
Guerre contre un terrorisme qui a changé de nature. Sous nos yeux.

Jadis on posait des bombes. Aujourd’hui on entre dans une foule à 80 kilomètres heure, regard dans les regards, niçois d’adoption contre des niçois, contre des touristes étrangers, contre des hommes, des femmes, des enfants, qu’importe pourvu que l’on tue.

Les assassins ? Il sont Multi formes : des immigrés radicalisés, des garçons déjà fichés S, et même des français de souche qui se sont aussi radicalisés. Ils tuent, sauvagement, pour être tués en héros, pensent-ils, pauvres types sans foi, sans loi, sans espoir.
Au lendemain de la tragédie de Nice, nous sommes tous tentés de dire : « les politiques publiques sécuritaires échouent, le Gouvernement n’en fait pas assez ». .

Notre collègue Georges Fenech , ancien magistrat, le dit avec sa réserve naturelle : « on ne peut plus laisser dans la nature autant d’individus hautement dangereux ».

Bien sûr que je l’approuve. Mais quel que soit le Gouvernement, demain, pas plus que celui d’ aujourd’hui, il ne pourra répondre à tous les dangers .Même si, reconnaissons le sans en faire une polémique en temps de deuil national, l’actuel Gouvernement a laissé passer trop de temps inerte. Le problème est international ; puis il est sociétal.

Comment des jeunes français peuvent ils se radicaliser à un point tel qu’ils redeviennent les barbares des premiers temps de l’humanité ?
A quoi veulent ils nous pousser ? à abandonner notre mode de vie, ce qui a fait notre culture et notre civilisation. Ce qui fait souvent notre joie de vivre.

Notre sens du respect de l’Autre, quel qu’il soit ; j’allais écrire quelle qu’elle soit, tant la place de la femme prend ici toute sa signification. Ils veulent nous pousser à croire que le crime d’un seul est commis par toute une communauté qui l’appuierait, ce qui est faux.
Le Gouvernement, le Parlement ont leur responsabilité. Mais désormais, la responsabilité est collective. Nous devons résister. Résister à la provocation : communauté contre communauté.

Résister aux idées faciles : « il suffit de …mettre plus de policiers, de mieux ficher, de mieux sanctionner… »

Non, tout cela ne suffit plus, non on ne pourra pas constamment, mettre des policiers en grand nombre derrière la moindre fête de village. Il faut sûrement beaucoup mieux cerner et encadrer les individus à risque. Et par exemple mieux préparer le retour du Djihad de quelques centaines de français, perdus là bas, dans le délire terroriste. Jusqu’à présent, nous l’avons fait imparfaitement. Il faut réfléchir à la solution des centres de rétention ou des affectations à résidence très surveillée. Et puis, nous devons être vigilants au comportement de ceux que nous voyons quitter peu à peu, ou plus rapidement, les chemins de la normalité. Et puis peut être veiller à ce que la prison passe du statut d’école de radicalisation à celle de seconde chance.

Vous voyez le chantier ? C’est le nôtre. Celui de tous les Républicains qui croient que le monde peut être multiculturel et néanmoins fraternel.

Il va nous falloir être très fermes dans la Résistance comme dans nos convictions.

Il va nous falloir du courage. Je crois que les françaises et les français sont prêts à en avoir et à le prouver. Quant à nous,  les « politiques »,  notre main ne doit pas trembler lorsqu’il s’agit d’écrire des textes qui permettent de sanctionner ceux qui profitent d’un pays avant de se retourner contre lui.
Trois jours de deuil viennent de s’ouvrir. Passé ce deuil, passée l’émotion, le temps va venir du réalisme, du sursaut et, pour nous tous, de la Résistance dont l’esprit fait l’honneur de la France.