Tout est dit !

J’ai participé la semaine dernière dans les locaux de Sciences Po, à Aix, à un colloque sur les rapports entre contribuables et administration fiscale.

Je m’étais « outillé » de quelques témoignages de mes concitoyens qui m’appellent souvent, dans ces différents, comme intermédiaire.

J’ai retrouvé un témoignage qui, en quelques phrases dit tout de la société dans laquelle nous vivons. Il émane d’un « écrivain public » alpin et je ne résiste pas à vous livrer un extrait de sa lettre écrite à un moment où l’un de ses clients affrontait ce qu’il considérait être comme une injustice :

« Il fut un temps, pas si lointain, où mon travail consistait à aider mes visiteurs à donner de la tendresse à une lettre destinée à l’être aimé ; il m’arrivait de donner forme et sens à un courrier destiné aux allocations familiales et alors nous parlions des enfants. Et puis est venu le temps où j’ai commencé à rédiger des lettres à des psys de tous poils pour aider mes amis à vaincre les stress de la vie quotidienne. Et voilà que, maintenant, je m’adresse le plus souvent au fisc pour obtenir des délais et m’offusquer du mur de silence de cette administration. Fini la tendresse, bonjour la tristesse ».

En le relisant deux ou trois ans après sa réception, je le crois de plus en plus vrai.

 

photo : © nito