Ne pas céder au « voyeurisme comparatif ».

Ne pas céder au « voyeurisme comparatif ».

Nous ne sommes plus seulement dans une crise économique. Nous sommes entrés dans une crise institutionnelle avec un Président et un Premier Ministre à 26% d’opinions favorables après seulement 11 mois de gouvernance. Du jamais vu sous la V° République. Une semaine « tragique » pour l’exécutif après les aveux d’un Ministre en charge de lutter contre la fraude fiscale et qui s’avère être fraudeur lui-même.

Et voilà que, pour tenter de se « refaire »,  l’idée vient à ce Président aux abois de prôner la « moralisation » de la vie politique. Je suis contre ce terme car je ne conçois pas la vie politique sans morale. Peut être, et même certainement, des élus socialistes – et pas seulement monsieur Cahuzac – en sont sortis. Mais ce n’est pas le cas de tous les élus, loin s’en faut. Et quels que soient les bancs sur lesquels ils siègent. Donc je refuse cette idée qui voudrait que l’on jette le discrédit sur l’ensemble des élus de France. Je refuse la culpabilisation collective comme « cache misère » à la dérive de quelques uns.

Pour « moraliser » – et je préfère l’expression « rendre transparente » – la vie politique, voilà que l’on nous imagine un nouvel « outil » : la publication du patrimoine. Une sorte de pratique « sauvage » d’exposition des biens qui n’aurait d’ailleurs pas empêché monsieur Cahuzac de mentir effrontément. Je la réfute, pas seulement pour moi, ce qui serait sans importance mais pour l’ensemble des élus, parlementaires ou « patrons » d’exécutifs locaux, car je trouve anormal de jeter ainsi les élus en pâture, lançant  en quelque sorte le concours « du plus riche ou du plus pauvre » 

Je suis parfaitement à l’aise pour dire cela : mon patrimoine est comparable à celui d’une famille française moyenne : une maison unique et principale achetée bien avant d’être parlementaire et payée avec un emprunt sur 20 ans

Sitôt élu, j’ai démissionné de mes fonctions professionnelles pour éviter tout risque de conflit d’intérêt. Et je ne cumule aucun mandat, c’est-à-dire que je vis de mes indemnités parlementaires très régulièrement déclarées. Inutile sans doute que je précise ne posséder aucun compte à l’étranger. Et je ne suis pas assujetti à l’impôt sur la fortune. Un cas désespérant pour le populisme ambiant qui fait jeter dans le même sac tous les élus de France parce que monsieur Cahuzac a menti et que le directeur financier du candidat Hollande « planquait des avoirs » aux îles Caïmans.

Je suis favorable à ce que l’on contrôle mieux la déclaration de patrimoine que chacune et chacun de nous, parlementaire, doit déposer, jusqu’à présent à titre confidentiel (et je m’y tiens scrupuleusement)  au début de son mandat. Qu’on contrôle rigoureusement l’évolution de ce patrimoine, ce sera parfait, si bien sûr c’est une autorité indépendante qui en est chargée. Que les sanctions pour les manquements soient sévères, bien sûr. Mais que l’on cède au « voyeurisme comparatif », NON !!

Ca ne fera pas progresser la transparence et ça opposera les « riches contre les pauvres ». Dans la période actuelle, nous n’avons pas besoin de ça !