On peut « aimer l’entreprise » et en être si éloigné !

C’est un exercice d’équilibrisme osé auquel doit se livrer le Premier Ministre, version II ces temps ci.

D’une part rassurer le MEDEF et, ma foi, pour l’instant cela semble fonctionner et, parallèlement rassurer l’aile gauche du PS qui ne se reconnait pas dans la déclaration d’amour de Manuel Valls au monde de l’entreprise. Là, l’exercice est plus périlleux, le discours de La Rochelle et l’accueil mitigé qui lui a été réservé en témoigne.

Mais, en réalité, ce débat est loin d’être nouveau. Le PS est, depuis son origine en 1905, tenaillé entre une volonté révolutionnaire et des pratiques qui le sont beaucoup moins.

Comment demander à un parti dont les militants sont, en très grande majorité, des fonctionnaires, de comprendre le monde de l’entreprise ? Les leaders, oui, à l’exercice du pouvoir. Mais les militants, eux, sont très éloignés de tout cela. Observez la grande prudence du Secrétaire National du PS, Cambadélis, dans ce débat. Il sait, lui, les réticences. Quant au Premier Ministre, il illustre à merveille toute l’ambiguïté de la gauche française : la difficulté à exercer le pouvoir à partir du jour où elle le conquiert, les annonces de réforme et les réformes des réformes. Sauf que, cette fois, ci, nous sommes vraiment en crise et le Ministre de l’Intérieur a beau vouloir l’écarter dans ses déclarations péremptoires, nous sommes aussi dans une crise de régime.

Et que ça pourrait mal finir.

 

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